Relâche aux Tuamotu

Quatrième étape de la transpacifique des Gambier aux Marquises

Quatrième étape de la transpacifique des Gambier aux Marquises

L’archipel des Tuamotu

Il s’étend sur 930 milles des Gambier au SE à Mataiva au NO. Il est formé de 78 atolls dont 30 sont habités. Bas sur l’eau, balayé par des courants plus ou moins aléatoires, avec des remontés de fonds magistrales de plus de mille mètres à quelques dizaines en moins d’un mille, il était surnommé « l’archipel dangereux » avant l’avènement du GPS.

Un atoll est généralement composé d’une ceinture de corail et de cocotiers entourant le cratère effondré d’un ancien volcan. Le nombre de passe permettant de pénétrer à travers la ceinture de corail dans l’atoll varie de aucune à trois. Les atolls sans passe sont ignorés des voiliers car mouiller à l’extérieur, dans la houle, par grande profondeur, sur fond de corail, est une gageure. Les passes nécessitent une approche sous conditions de marée, de vent et de houle car les courants sortants ne peuvent pas être étalés par un voilier.

Une fois à l’intérieur de l’atoll, protégé de la houle, on mouille habituellement le long de la bordure Est afin de se rapprocher des vents dominants d’Est. Mais attention, suite à un brusque changement de météo et de la direction du vent, le clapot, soulevé par un fetch pouvant atteindre dans les plus grands atolls 30 à 40 milles, peut rapidement rendre un mouillage très inconfortable ! D’autre part, comme les nombreuses patates de corail disséminées dans les atolls ne sont pas cartographiées, qu’elles imposent donc une navigation à vue, de jour, avec une lumière propice, que les horaires de franchissement des passes sont très restrictifs, sortir pour retrouver la sécurité du grand large ou seulement bouger de son mouillage pour en changer peut ne pas être possible au moment même où la situation l’exigerait…

Atoll de Hao

Atoll de Hao, Tuamotu

Atoll de Hao, Tuamotu

Nous passerons trois jours à Otepa. L’occasion de se reprendre et de remettre le bateau en ordre, notamment en vidant et séchant les coffres de cockpit, c’est bien la première fois que j’en extraie autant d’eau ! Mais aussi de profiter de deux luxes : le premier d’être à quai et avec les marées faibles c’est particulièrement reposant et pratique, le deuxième de capter à bord le wifi de la mairie de Otepa, ce qui nous permet de publier l’article sur les Gambier.

Nous ne nous attardons pas dans cet atoll, ex-base militaire, où les vestiges de fer et de béton du temps de l’occupation donnent l’impression d’une civilisation disparue à son apogée. L’environnement, rendu aux autochtones, est malheureusement irrémédiablement maculé. Nous en repartons le 2 juillet, direction l’atoll de Amanu, 23 milles au NE.

Atoll de Amanu

Atoll de Amanu, Tuamotu

Atoll de Amanu, Tuamotu

La passe Sud de Amanu est franchie non loin du plus fort du courant sortant, nous parvenons néanmoins à étaler le flux en restant proche du côté Sud. En fin de passe, nous constatons un substantiel décalage de la carte CM93, la courbe au SE à prendre entre les récifs est plus à l’Est que la carte ne le laisse entendre. On nous racontera ensuite qu’un voilier tentant une entrée de nuit s’y est échoué pour avoir tourné trop tôt ! Le jour décline déjà, pour accéder à la petite darse naturelle du village de Ikitake nous devons franchir un étroit et peu profond passage matérialisé par deux piquets plantés dans la caye de corail, je m’y engage prudemment en marche arrière pour avoir une visibilité maximale sur les fonds, le sondeur clignote un moment signalant que l’on fricote avec le pied du pilote mais ça passe et nous jetons l’ancre à peine plus loin dans trois mètres d’eau.

Amanu nous plait, le village de Ikitake respire l’authenticité car même si, au fil du temps, il a bien dû faire quelques concessions au monde moderne, c’est de manière discrète et mesurée. Le mouillage du village, où seuls les faibles tirants d’eau peuvent pénétrer, garantie grâce à sa caye de corail, un clapot modéré malgré les cinq milles de fetch. Les voiliers à grands tirants d’eau doivent mouiller en face le long de la bordure Est de l’atoll. Nous prenons l’habitude de rejoindre la terre toute proche à la nage, bien rare que nous régressions par le même moyen, les villageois nous embarquant obligeamment sur leur speed boat pour les cinquante mètres à parcourir ! Nous rencontrons Timo, membre de la famille d’Hervé (Taravai, Gambier). Nous lui livrons quelques citrons de Taravai, il nous offrira du pain, du poulet et nous invitera à manger parmi les siens. Sa fille, Sissy (8 ans), nous fait la visite guidée du village, au fil du chemin, d’autres enfants curieux nous accompagnent…

Pour visiter le nombril de Amanu, un reef en forme d’étoile au centre de l’atoll, nous tirons des bords entre des pâtés de corail heureusement faciles à identifier. C’est un jour à grains, nous naviguons une main sur l’écoute de GV, l’autre sur le gel douche afin de profiter des pluies torrentielles pour se décrasser. A peine arrivés, Moeava et ses copains pêcheurs nous y rejoignent. Ils feront le tour du reef en deux heures, chassant au fusil harpon. La pêche est bonne, ils nous offrent deux prises. Un grain plus vaste que les autres bascule le vent de 180°, nous nous retrouvons le cul au reef, sujets au clapot, nous levons précipitamment le camp et rentrons au près comme à l’aller, exigeants les Tuamotu !

Les mouillages de L’Envol :

- Darse de Otepa, atoll de Hao GPS 18 5.93 S 140 54.73 W
- Ikitake, atoll de Amanu GPS 17 50.7 S 140 51.16 W
- Etoile Reef, atoll de Amanu GPS 17 48.65 S 140 46.79 W

Publié le 03/09/2016 de Hatiheu, île de Nuku-Hiva, îles Marquises Groupe Nord, Polynésie française, GPS 8 49.51 S 140 4.96 W

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>