Mindelo (São Vicente, Cabo Verde)

L'Envol à Mindelo

L’Envol à Mindelo

Nous sommes bien arrivés au Cap Vert et Rod et son frère Johan sont rentrés dans la foulée en France, je suis seul et j’attends Ricou pour aller marcher une semaine sur l’île de Santo Antão.

Depuis les Canaries on a très bien marché sur le Cap Vert, jusqu’à 35 noeuds de vent portant, rapide mais stressant !
Initialement on visait la baie de Palmera sur l’île de Sal car c’était notre rendez-vous avec Ricou. On l’a atteint en 7 jours, malheureusement notre atterrissage coïncidait avec une tempête d’Armatan prévue pour durer 2 jours (merci les grib par Iridium). Pas question de prendre un mouillage avec de la houle et du vent ; nous apprendrons d’ailleurs après coup que des vols ont été annulés, que Ricou s’est fait secouer dans l’avion et qu’il y a eu quelques dégâts dans les îles. J’ai donc stoppé le bateau et mis à la cape à 40 milles au large de Sal vers 18h UTC. L’ordi prévoyait, compte tenu de la dérive et du courant, de toucher terre avant le matin ! (mais la situation s’est améliorée dans la nuit car on avait assez de marge au final) Prudent, on a tiré 2 bords de près très pénibles pour se maintenir sur place jusqu’à la nuit (rappel de Gascogne en pire car certes moins de vent mais mer plus raide bien que moins haute). Ensuite pour la cape, au lieu du tourmentin à contre, GV 3 ris débordée au max et barre sous le vent comme dans Gascogne ; j’ai tenté le tourmentin affalé et la GV 3 ris débordée à moitié afin de diminuer le fardage donc la dérive (environ 1 noeud quand même), en effet le Django ne vire pas sous GV seule et surtout il oscille entre 30 et 50° du vent alors que sinon c’est travers complet, conclusion si ça doit déferler se sera en biais et par l’avant en premier. On a passé une super nuit très récupératrice comme ça.

Le lendemain je décide d’atterrir à São Vicente, une île qui dispose d’une baie bien protégée (Mindelo) où j’étais sur du coup hormis le venturi qui existe entre cette île et celle d’en face (Santo Antão) qui peut être très fort, mais comme cette nav rajoutait 24h la tempête devait être passée et le vent retombé au moment de négocier le goulet. La nav se passe d’ailleurs bien mais la visibilité est réduite du fait des poussières charriées par le vent et on ne verra aucune des lumières de São Nicolau.

Bref, 9 jours de nav au lieu de 7 et 1020 milles effectifs au lieu de 860 en route directe ! Ma plus longue durée et distance à ce jour. Une navigation difficile physiquement et nerveusement mais où tout s’est bien passé côté matériel : le pilote, l’hydrogénérateur, le dessalinisateur, tout a fonctionné au mieux.

Quant à Ricou, il me rejoindra en avion quand il aura enfin daigné regarder ses mails 5 jours + tard !! ;-)

Pendant ce temps, à Mindelo, les préparatifs de Noël vont bon train et l’ambiance est top malgré la misère qui côtoie le luxe… Hier démo de capoeira sur la place publique, spectaculaire !!

Par contre la marina (chère) n’est pas super sécure pour le bateau, un ketch (2 mâts) a arraché sa pendille sur corps mort et quand on voit les maillons de la chaîne on comprends : quelques millimètres de métal avant la rupture ! Sa coque a méchamment raguée sur l’angle du ponton ! Le proprio va avoir une sale surprise quand il rentrera. Je croise les doigts pour L’Envol quand je le laisserais pour aller trekker ; au demeurant je suis amarré au ponton face au vent avec la pendille à l’arrière donc pas d’effort dessus, par contre on joue à touche touche avec le bateau d’à côté et comme il est plus haut sur l’eau c’est difficile de me protéger, les pare-battages travaillent mal…

Sinon le bateau n’a jamais été aussi vide ! Et chose qui n’avait pas encore été possible du fait du monde à bord, cette solitude passagère me permet de me l’approprier un peu en le nettoyant, bricolant…

Du fait du désistement d’Henri et du refus de congés du boss de Ricou, la transat sera surement en solitaire, pas d’équipier ici, ni d’amateur de France, mais le challenge me plait, à suivre…

Aujourd’hui c’était coiffeur et lavomatic car des duvets ont un peu moisi…

Joyeux Noël à tous,

Christophe

Le récit de notre périple par Ricou :

Bom dia,

Un petit air de Cesária Évora et me voilà prêt à faire le récit de ce beau séjour au Cap Vert pour rejoindre Christophe.

La citation sur le message de ma dernière papillote mangée à Grenoble avant de partir le 18 décembre disait :

Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.

Ce qui est sur c’est que ce break bien mérité m’a apporté toute l’énergie pour repartir sur un bon pied pour cette nouvelle année.

Sal : l’arrivée

L’aventure a commencé par un vol mouvementé pour arriver à Sal vers 2h du matin. Je n’imaginais pas à ce moment là, accroché à mon siège qu’à 10000 mètres sous la carlingue en mouvement, Christophe, Rod et son frère étaient en pleine tempête, sous un coup d’Armatan, le fameux vent du désert qui souffle fort sur les iles du Cap Vert.
Nous avions rendez vous le 20 décembre, dans la baie de Palmeira où « L’ENVOL » devait mouiller.
En arrivant le 19, après une inspection minutieuse de la baie, ne voyant pas le voilier, je m’organisais pour siéger là en attendant l’équipage.

Je rencontre par hasard Christophe, Léo et Florent, 3 jeunes français très sympas qui sont en train de retaper un bar en bord de mer dans l’idée de s’installer ici, en ouvrant le « Bar Lavento ». L’ambiance est bonne ! Des amis, des locaux, des gens de passage… tout le monde donne son petit coup de main au chantier ! Je décide de m’installer chez l’habitant en attendant l’arrivée de L’Envol.

Tellement bien posé, occupé par les récits de tous les marins qui arrivent ou qui se sont simplement « échoués » là, à explorer la côte environnante à la découverte des petits oasis et autres plages, à essayer de pêcher au harpon mais plus à regarder passer les poissons… que je ne me suis pas fait de souci sur la date d’arrivée de Christophe.

Au bout de quelques jours, ne voyant toujours rien venir je suis allé vérifié mes mails… « Ben alors, qu’est ce que tu fous, pourquoi tu ne regardes pas tes mails… nous, à cause de la tempête, on a du se rabattre sur Mindelo… je t’attends là ! ».

Après un Noël à Palmeira avec le groupe du « Lavento » j’ai sauté dans un avion pour rejoindre Christophe à la marina de Mindelo.

São Vicente : les retrouvailles

Une petite heure d’avion entre Sal et São Vicente, pour enfin rejoindre Christophe ! Heureux de se retrouver, on fait un petit tour du bateau qui a bien changé depuis la mise à l’eau cet été à Concarneau…

Nous avons beaucoup de choses à nous raconter mais prenons quand même le temps d’aller acheter le billet de ferry pour pouvoir partir dès le lendemain en trek sur l’île de Santo Antão.

Le récit du trek est ici.

De retour de trek sur l’île de Santo Antão, la suite du récit de nos aventures par Ricou :

Mindelo comme un aimant…

On peut dire qu’après le calme de Santo Antão, ça faisait bizarre de revenir « à la ville »… Le plus important c’est que le bateau n’ai pas bougé !
On retrouve avec plaisir notre marcher, notre kiosque à Cachupa (le plat local) avec Mama qui est toujours contente de nous voir, le bar concert… Toutes nos petites habitudes !
Avant de mettre les voiles, nous décidons de bricoler une porte sur le bateau.

On en profitera aussi pour aller se balader à l’autre bout de l’île. Une belle excursion à la journée à la baie de Calhau, pleine de rebondissements plaisants !

A deux au port, la vie se passe vraiment bien sur le bateau ! On a suffisamment de place et le côté minimaliste du bateau et de l’équipement est plutôt agréable.

Enfin la mer…

Après un faux départ causé par un problème moteur, nous devons revenir à quai et réparer le moteur. Ici, c’est l’Afrique alors il y a toujours une solution ! Le problème d’hélice sera réglé en deux jours !
Ce faux départ nous permettra de rencontrer Pascal et Barbara (www.croisyvoile.com), une belle rencontre avec des échanges riches sur les modes de vie, la pêche à la traîne et autres petits tuyaux à connaître quand on vit sur l’eau comme eux depuis 5 ans !
Par une pure coïncidence, on croisera au bar/concert de Mindelo Morgan & Cécilia avec qui j’ai passé Noël à Palmeira.

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