Les ailes de L’Envol

Des îles de la Société (îles Sous le Vent) aux îles Samoa
septième étape de la transpacifique
du 7 au 15/08/2017
1’068 Mn – 8 jours et 4 heures de navigation effectuée à la voile
vitesse moyenne : 5,45 Nds
meilleur 24h : 141 Mn

Après plus de deux mois de navigation dans les îles de la Société, nous sortons le 7 août de l’atoll de Mopélia – dernière terre de Polynésie française – pour une longue migration vers l’Ouest. Notre objectif est de rallier directement Apia dans les îles Samoa sans s’arrêter à l’atoll de Suvarov à mi-chemin (îles Cook). Pour plusieurs raisons, cette étape nous réserve quelques difficultés.

Septième étape de la transpacifique de la Société aux Samoa

Septième étape de la transpacifique de la Société aux Samoa

Le temps passé en mer

Depuis le début de son périple, L’Envol a réalisé (seulement) sept navigations de plus de cinq jours. Cette étape s’inscrit en cinquième position :

1- Juan Fernández – île de Pâques : 1’860 Mn, 17 jours (transpacifique)
2- Cap Vert – Salvador de Bahia : 2’069 Mn, 16 jours (transatlantique)
3- Ile de Pâques – Pitcairn : 1’198 Mn, 10 jours (transpacifique)
4- Canaries – Cap Vert : 1’024 Mn, 8 jours (Atlantique Nord)

5- Mopélia – Apia : 1’068 Mn, 8 jours (transpacifique)

6- Concarneau – Vigo : 626 Mn, 6 jours (golfe de Gascogne)
7- Mar del Plata – Caleta Horno : 622 Mn, 6 jours (Atlantique Sud)

Dans le Sud Est Pacifique les terres sont rares et les conditions météo ne permettent pas toujours de s’arrêter. Juan Fernández, l’île de Pâques et à fortiori Pitcairn sont des escales aléatoires, nous avons eu de la chance de pouvoir scinder la route ainsi. Il est prudent sinon nécessaire d’être autonome des côtes du Chili aux Gambier – 3’300 Mn loxodromiques – soit un cumul (dans notre cas) de 36 jours de navigation pour 4’020 Mn réalisés. Néanmoins, beaucoup de voiliers rapportent plus de 40 jours passés en mer ! A contrario, dans le Sud Ouest Pacifique, les options d’escales sont nombreuses et la difficulté c’est de choisir !

L’alizé sur notre cap

Lors d’un tour du monde d’Est en Ouest, l’allure dominante est (très) proche du vent arrière. Généralement bâbord amure, à tel point que l’on pourrait presque envisager de se passer des haubans tribord. Pour cette septième étape de la transpacifique, notre cap coïncide intimement avec la trajectoire du vent, l’alizé est musclé (25-30 nœuds) et la mer du vent formée. La configuration standard, les voiles en ciseaux, génois tangonné au vent, nous obligerait – afin de parer un empannage intempestif – à nous écarter beaucoup trop de notre route.

Nous mettons alors en œuvre une idée qui nous trotte dans la tête depuis le début du Pacifique : faire sortir le papillon de sa chrysalide. La grand-voile est affalée et ferlée sur la bôme, le génois enroulé d’un tiers reste tangonné, la trinquette est envoyée sur son étai largable sans tangon. Un baby-stay et deux pseudo-bastaques en vis-à-vis tiennent le mât aux deux tiers supérieurs.

Go West !

Go West !

Dans cette configuration, L’Envol file plein vent arrière à cinq parfois sept nœuds, les vagues s’invitent dans le cockpit mais l’allure est stable (pas de départ au lof) et le pilote fiable. On troque quand même un stress pour un autre, plus de soucis d’empannage mais un mât qui salue chaque coup de roulis en se cintrant latéralement. L’œil rivé dans la gorge de mât, j’observe le phénomène un peu inquiet. C’est une belle illustration du rôle des coulisseaux et de la grand-voile dans son maintien.

L’escale à Suvarov, au Nord de la route directe, nous aurait simplifiée la vie : un premier bord tribord amure les voiles en ciseaux nous amenait à cet atoll puis un deuxième bord bâbord amure les voiles toujours en ciseaux nous emmenait à Apia.

Des vents évanescents

Le 14 août, le vent tombe à six nœuds. Si près du but après sept jours en mer, c’est trop bête. Nous sommes en ciseaux au grand largue bâbord amure, la mer plate nous permet d’exploiter ce peu de vent avec la grand-voile haute et le génois entièrement déroulé.

Pourquoi ne pas établir la trinquette dans le trou sous le vent ? A cette allure particulière elle ne sera pas déventée par la grand-voile. L’Envol maintenant toilé dans tout les sens comme un vieux galion, prend son élan et accélère imperceptiblement.

« Tout dessus » !

« Tout dessus » !

Le 15 août, après huit jours et quatre heures de navigation bien ventée nous atterrissons sans encombre à Apia, sur la côte Nord de l’île d’Upolu aux Samoa.

L’Envol dans la marina d’Apia

L’Envol dans la marina d’Apia

Cette étape aura été particulièrement riche d’enseignements. Sur le plan météo, afin de bien choisir un créneau non affecté par les désagréments d’une « South Pacific Convergency Zone » active sur notre route. Sur le plan des techniques de navigation, avec l’apprentissage d’une nouvelle formule en papillon dédiée au vent arrière par mer formée et vent fort où un empannage aurait des conséquences graves ; avec l’optimisation du grand largue dans les vents faibles, dans une formule « tout dessus », soit un peu plus de 51 mètres carré de toile, grand-voile, génois et trinquette de conserves.

Addendum :

Pendant la traversée Samoa – Wallis, la formule « tout dessus » sera améliorée avec l’utilisation de la gaffe comme tangon. Pour gagner du poids, toute chose embarquée doit avoir au moins deux usages !

La gaffe fait des heures sup’

Publié le 30/10/2017 du mouillage de Nakama Creek, ville de Savusavu, île de Vanua Levu, îles Fidji, GPS 16 46.61 S 179 20.32 E

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