Puerto Williams

Encore du stress

Avant Puerto Williams, l’île Gable en plein milieu du Beagle barre le passage et impose un choix, le canal Sud, large et évident où le détour par le tortueux passage au Nord de l’île : le Paso Remolcador Guarani. Le jour s’annonçant avec des vents faibles et me trouvant proche de l’étal d’Ushuaïa pour affronter les premiers alignements de contournement, je choisis l’aventure. Je n’ai pas été déçu : les premiers alignements sont introuvables, alors j’y vais au feeling dans ce dédale d’îles et de rochers affleurant, truffé de champs sous marin de kelp (algues qui remontent du fond où elles s’agrippent). Dans une étroiture avec du courant, où il faut virer de 90° vers la gauche, je me retrouve instantanément immobilisé par du kelp pris dans les quilles, le moteur à fond ne parvient pas à les arracher, alors je fais demi-tour, bataille, et après un moment le kelp consent enfin à me libérer, je me recentre dans la veine de courant libre d’algues, avançant à grandes peine tellement je charrie de fardage accrochés à mes appendices. Plus loin dans un bassin plus large je fais demi-tour pour laisser partir le tout avec le courant, cela fonctionne et je retrouve toute ma manoeuvrabilité au moteur. Ensuite, les alignements se laissent découvrir et c’est sous voile, comme j’ai commencé la journée, que je sors du Paso Remolcador Guarani. Puerto Williams si proche me tend les bras et après une vacation radio pour me signaler aux autorités, je mets le cap vers la ville dans un air évanescent.

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