Into the wind

La route prévue…

La route prévue…


 
C’est un tour du monde en voilier, au départ de France, empruntant les canaux de Patagonie et doublant le cap de Bonne Espérance. Le projet court pour 5 à 6 ans, le départ a eu lieu de Concarneau en Bretagne le 28 octobre 2013. Le voilier, L’Envol, est de conception récente, rapide et de petite taille, c’est un Django 7.70.

La simplicité comme valeur

Mon métier de Guide de haute montagne m’a appris que la légèreté conditionne la rapidité qui conditionne la sécurité. Sur un bateau de petite taille cela signifie un aménagement minimum, il ne s’agit pas d’emmener sa maison avec soi mais de considérer que l’on est en itinérance, que le bateau est un camp de base, un moyen de locomotion… Ce confort rustique, cette sobriété est à l’essence du projet.

Ce qu’il n’y a pas à bord

Moteur inboard, alternateur de charge, éolienne, guindeau, radar, radio BLU, table de carré, frigo, four, WC et cuve à eaux noires, eau chaude, douche, chauffage dédié, échelle de bain, moteur d’annexe…

Ce qu’il reste

Pas de table de carré, les bidons, vides depuis la sortie des canaux de Patagonie, forment mezzanine. Les toiles antiroulis sont gréées en navigation.

Pourquoi un bateau neuf ?

Compte tenu de mon peu d’expérience des choses de la mer, je ne voulais pas prendre le risque de m’enliser dans un chantier de rénovation ou d’adaptation d’un bateau de seconde main, la littérature est abondante a ce sujet, maints projets n’ont jamais vu la mer, je voulais être sûr de partir rapidement.

Me lier à un chantier avec l’achat d’un bateau neuf me permettait de m’entourer de professionnels capables de m’aider à me mettre à niveau et à me préparer au mieux. Ainsi de juin à septembre 2013, Serge Calvez, patron de Marée Haute et concepteur du Django 7.70, m’ouvrait les portes de son chantier, chaque jour je commençais ma journée avec ses ouvriers. Grâce à eux j’ai beaucoup appris des techniques de construction et des dessous de mon futur bateau.

Le partenariat avec Seldén, approché au Nautic 2012 à Paris, débouchait sur le montage de l’accastillage avec l’aide de Loïc Blanchard, Directeur commercial France, et le matage du bateau sous son chaperonnage averti. La société Navicom, grâce à l’entremise de Xavier Dhennin, m’ouvrait son catalogue à prix réduit. Mon maître-voilier chez North Sails, Laurent Thilleau, répondait avec patience à toutes mes questions.

Pourquoi un petit bateau ?

A couple du Micalvi, le plus petit est en bout de file !

A couple du Micalvi, le plus petit est en bout de file !

Ayant bien assimilé mes classiques, je savais que petit bateau rime avec petits problèmes, qu’en cas de casse, le prix de l’équipement est une exponentielle de la taille du bateau mais aussi que la manœuvrabilité est inversement proportionnelle à la taille du bateau.

Avec un petit bateau, je peux faire un maximum à la voile : exploiter les très petits airs, remonter les rios comme à Camamu au Brésil, louvoyer dans les chenaux d’entrée de port, comme à Rio Grande au Brésil ou Valdivia au Chili…

Une conséquence directe est que je peux me passer d’un lourd, encombrant, cher et peu fiable moteur inboard contre la sécurité de deux moteurs hors-bords jumeaux. Le tirant d’eau de la version biquille, 1,20 m, augmente encore la marge de manœuvre sous voiles, on est très proche du tirant d’eau d’un dériveur intégral de type Ovni, les biquilles plus grands calent à 1,65 m, c’est déjà trop.

L’habitabilité est souvent le point faible des petits bateaux et compte tenu du fait qu’un tour du monde c’est dans le meilleur des cas 30% du temps en navigation contre 70% à l’escale, où le bateau devient maison, cette données est importante. Pas de problème avec un bateau récent comme le Django 7.70 car son maître-bau de 3 m offre le même volume intérieur qu’un bateau ancien bien plus grand et pour une longueur à la flottaison équivalente.

La maison

La contrepartie est d’avoir sans cesse un parfait suivi météo et de savoir patienter ou saisir à la volée les créneaux qui sont navigables dans de bonnes conditions sinon de confort au moins de sécurité. Avec les moyens modernes pour recevoir à bord la météo et compte-tenu de la précision des prévisions, les navigations de trois jours ne posent pas de problème particulier. Au delà, si une tempête imprévue croise la route du bateau, elle sera ressentie plus fortement que sur une grosse unité. Il faudra fuir ou mettre à la cape plus tôt, plus que le vent le danger est la mer qui déferle et à la cape on est vulnérable.

Mais le véritable challenge d’un tour du monde sur un petit bateau c’est le respect du devis de poids. Le matériel nécessaire au voyage au long court représente un fort pourcentage du poids brut du bateau. Il faut faire le casting de l’équipement, garder l’indispensable et se passer du superflu.

« Into the wind » est plus qu’un projet limité dans le temps, c’est un style de vie qui se découvre au fil de l’eau et du vent. Sortir du « système » a fait de nous des nomades, peut être cherchons-nous sans le savoir la terre qui saura nous retenir, peut être le monde est-il trop vaste pour s’arrêter…

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