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	<title>Into the wind &#187; Uruguay &#124; Into the wind</title>
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	<description>La vie au fil de l&#039;eau et du vent    11 ans ~ 56’700 Mn ~ 680 escales</description>
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		<title>Colonia del Sacramento</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Oct 2014 07:01:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brésil & Uruguay]]></category>
		<category><![CDATA[La vie au fil de l'eau et du vent]]></category>
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		<description><![CDATA[Une nav pas si tranquille 95 milles en 20 heures pour rejoindre Colonia del Sacramento, la cité antigua ! Mon dernier port Uruguayen avant de traverser le fond du Río de la Plata pour rejoindre Buenos Aires. Je croise dans des fonds de 3 à 5 mètres, sur une mer &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une nav pas si tranquille</strong></p>
<p>95 milles en 20 heures pour rejoindre Colonia del Sacramento, la cité antigua ! Mon dernier port Uruguayen avant de traverser le fond du Río de la Plata pour rejoindre Buenos Aires.</p>
<p>Je croise dans des fonds de 3 à 5 mètres, sur une mer opaque couleur chocolat, avec ça et là quelques amas de plantes arrachées aux berges en amont, j’ai l’impression de rouler en bagnole dans les champs ! Je ne suis pas fan de ce Río de la Plata, gigantesque delta où le moindre vent lève des vagues pas très grosses mais bien raides et puissantes, les départs au surf ou au lof se succèdent sans interruption rendant la vie à bord inconfortable avec un bateau cherchant sans cesse son équilibre, balloté tout comme moi, ce n’est ni confortable ni rassurant et cela limite les occupations à bord. De plus il faut réduire plus que le stricte nécessaire pour que le pilote puisse redresser la barre après un départ au lof, ma coque est sale et je me traine, heureusement le courant est porteur, car avec la tendance Sud qui me pousse, les eaux rentrent dans le Río de la Plata. Ici encore, c’est le vent plus que la lune qui dicte les marées.</p>
<p>C’est la troisième fois que je suis pris au filet tel un poisson ! La première fois, c’était de jour avec très peu de vent et j’avais dû plonger dans une eau turquoise pour dégager le filin en acier garni d’hameçons ; la deuxième fois, c’était de nuit sur une zone de hauts fonds, où le vent fraichissant levait de bonnes vagues qui déferlaient, le filet n’était pas signalé par un balisage lumineux, et j’avais dû couper le câble en textile avant qu’il ne m’esquinte trop l’enduit de quille ; cette fois aussi j’ai dû couper, il faisait jour mais le filet n’étais pas signalé par ces genres de perches IOR que les pêcheurs utilisent habituellement, seulement par des bidons flottant à ras l’eau visibles au dernier moment et à condition de faire une veille permanente ! Il faut bien que je dorme et sans pouvoir parler de permanence les tranches de 20 minutes ce n’est pas non plus mon truc, dans les zones tranquilles je préfère prendre une heure et dans ce laps de temps il peut s’en passer des choses, de toute façon même éveillé je jette un regard circulaire dans un timing qui me permet de voir venir une superstructure de bateau mais pas un flotteur caché au creux de la vague&#8230;</p>
<p>Depuis Piriápolis, j’ai commencé les démarches de préparation du bateau pour la Patagonie, notamment je dois remplacer le moteur Tohatsu 9.8 CV 2 temps par le même neuf, ici les 2 temps se trouvent très facilement alors qu’en Europe ils sont interdits à la vente pour des raisons écologiques paraît-il. Par chez nous on ne les trouve plus que d’occasion et le mien à au moins 10 ans ! Le moteur tourne comme une horloge mais la structure présente des signes de faiblesse. Sur les conseils de Pierrot, skipper de Gwada, j’envisage de poser une deuxième chaise moteur pour les avoir tout les deux à poste. Un tableau arrière à la Mad Max en perspective : 2 supports d’hydrogénérateur, 2 chaises moteur, 2 arrivées d’essence, la cornière pour la béquille d’échouage et les sorties d’eau, ça va être difficile à tout caser ! Les avantages : plus de puissance disponible pour lutter contre les courants et les vents le temps de se mettre à l’abri où de passer une étroiture, la sérénité de savoir qu’il y a peu de chance qu’ils tombent en panne en même temps, des pièces interchangeables, celles de l’un pouvant servir à l’autre&#8230;</p>
<p>En Uruguay le Tohatsu 9.8 CV 2 temps coûte 2080 dollars US payables par CB, en Argentine il est à 2780 dollars US pour des raisons de taxes d’importation à priori. Néanmoins, avec des dollars US changés dans les cuevas en Argentine à 2 fois le taux officiel le moteur payé en pesos argentins me reviendrait à au pire 1600 dollars US ! Bien sur il faut des dollars US, ce que je n’ai pas, mais une autre particularité de l’Uruguay est la possibilité de retirer au distributeur des pesos uruguayens ou des dollars US. Pour limiter le trafic le plafond de retrait par jour est de seulement 200 dollars US, combiné avec le plafond par semaine de ma CB et compte tenu du temps que je compte passer sur place je ne vais pas pouvoir réunir à temps les 1600 dollars US, à moins de relever mes plafonds et mener le siège d’un DAB tel un accro du jeu derrière sa machine à sous ! Bref, vous avez un aperçu des joies qui m’attendent&#8230;</p>
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		<title>Montevideo, Buceo</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Sep 2014 00:35:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brésil & Uruguay]]></category>
		<category><![CDATA[La vie au fil de l'eau et du vent]]></category>
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		<description><![CDATA[La capitale ! Montevideo ! 42 milles et 9 heures d&#8217;une nav sans histoire et particulièrement sereine pour changer. Les prises de ris en anticipation y sont pour quelque chose, le vent pas trop frais et le courant portant aussi. Avec un départ repoussé à 16 heures pour défaut de &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La capitale ! Montevideo ! 42 milles et 9 heures d&rsquo;une nav sans histoire et particulièrement sereine pour changer. Les prises de ris en anticipation y sont pour quelque chose, le vent pas trop frais et le courant portant aussi. Avec un départ repoussé à 16 heures pour défaut de vent, ce fut donc une nav de nuit, d&rsquo;abord éclairée d&rsquo;un mince croissant de lune puis à minuit pétante par tout un tas de feux d&rsquo;artifice synchrones sur toute la côte (une histoire de fou, heu foot !) et enfin, pour l’atterrissage à 1h00 du mat, par le puissant halo dégagé par la ville. Cette fois je fais tout bien comme il faut à la radio et le préposé de garde m&rsquo;aide à prendre ma bouée. Il s&rsquo;occupe aussi de faire les navettes entre les bateaux sur bouées et la terre, cool toujours pas besoin de l&rsquo;annexe ! On en fera une histoire belge <img src='http://www.intothewind.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Ah j&rsquo;ai évité l&rsquo;amende à Piriápolis ! L&rsquo;entrevue avec le chef n&rsquo;a pas eu lieu, il leur fallait juste ma justification écrite pour pouvoir enterrer le dossier, une administration qui pourrait rivaliser avec la notre je crois&#8230;</p>
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		<title>Piriápolis</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Sep 2014 08:40:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et me voilà plus proche de 20 milles de Buenos Aires ! Le bateau est amarré quasi sous le départ d&#8217;un télésiège qui sert à acheminer les touristes au sommet de la colline ! Ca me rappelle sans me manquer les cours de ski. Demain je suis &#171;&#160;convoqué&#160;&#187; en entretien &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Et me voilà plus proche de 20 milles de Buenos Aires ! Le bateau est amarré quasi sous le départ d&rsquo;un télésiège qui sert à acheminer les touristes au sommet de la colline ! Ca me rappelle sans me manquer les cours de ski.</p>
<p>Demain je suis &laquo;&nbsp;convoqué&nbsp;&raquo; en entretien à la Prefectura pour me justifier de 3 effractions : la première m&rsquo;être dérouté sans autorisation, la deuxième ne pas avoir prévenu de mon arrivée en entrée de port (le fameux Piriápolis control) et enfin ne pas avoir ma radio allumée en permanence, en cumulé je risque 42.000 pesos uruguayens d&rsquo;amende soit tout de même 1.343 euros ! A priori ils sont cléments la première fois mais je dois rédiger une explication pour mon entrevue avec le chef demain matin.</p>
<p>Il faut savoir que le port de Piriápolis est actuellement fermé pour travaux, les autorités de Punta del Este me l&rsquo;avaient bien dit et je le savais depuis La Paloma. Dans chaque port la Prefectura gère les flux de bateaux, le port de destination est demandé ainsi que l&rsquo;ETA et il faut si tenir à moins de pouvoir notifier par radio un éventuel changement. En quittant Punta del Este j&rsquo;avais donc indiqué Montevideo, la capitale, comme prochain port, mais je tenais à cette escale à Piriápolis et Pierrot de Gwada qui y avait caréné m’affirmait qu&rsquo;il y avait de la place, de plus je ne voulais pas arriver de nuit à Montevideo et le vent allait fraîchir, alors j&rsquo;ai tenté le coup pour des raisons de sécurité et on ne rigole pas avec ça n&rsquo;est ce pas ? Ce sera la base de mon argumentaire et je vais vous laisser pour m&rsquo;y coller sans attendre car il est déjà 19 heures, je reçois internet au bateau, Google Traduction va pouvoir m&rsquo;épauler&#8230;</p>
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		<title>Punta del Este</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Sep 2014 10:48:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une nav sans histoire de 53 milles incluant un détour pour voir les otaries et autres lions de mer à l&#8217;Isla de Lobos, au large de Punta del Este. Pas vu de baleine mais la publication automatique par mail a fonctionnée ! Et je prends ma bouée à la tombée &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Une nav sans histoire de 53 milles incluant un détour pour voir les otaries et autres lions de mer à l&rsquo;Isla de Lobos, au large de Punta del Este. Pas vu de baleine mais la publication automatique par mail a fonctionnée ! Et je prends ma bouée à la tombée du jour, yes !</p>
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		<title>En mer&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Sep 2014 01:52:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai largué les amarres de la tranquille La Paloma pour le célèbre port au nom puissamment évocateur : Punta del Este ! Comme il n&#8217;y a pas des masses de vent je vais probablement atterrir de nuit, mais c&#8217;est pas comme si c&#8217;était devenu une habitude J&#8217;en profite pour tester &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>J&rsquo;ai largué les amarres de la tranquille La Paloma pour le célèbre port au nom puissamment évocateur : Punta del Este ! Comme il n&rsquo;y a pas des masses de vent je vais probablement atterrir de nuit, mais c&rsquo;est pas comme si c&rsquo;était devenu une habitude <img src='http://www.intothewind.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  J&rsquo;en profite pour tester la publication automatique par mail : ce message partira via les satellites Iridium vers une adresse mail dont le contenu est surveillé par le blog et publié dans la foulée. Sacré technologie, plus besoin d&rsquo;accès à internet pour donner des news, ce sera particulièrement appréciable dans les canaux de Patagonie où pendant 2 mois nous ne verrons que la nature brute, pas de port, ni de village, peut être des pêcheurs en campagne de pêche pour 1 mois, esseulés tout comme nous&#8230; En attendant, j&rsquo;espère voir des baleines depuis le bateau cette fois, car il y a quelques jours en allant me balader à la Laguna de Rocha, un lac sauvage au bout d&rsquo;une piste en terre que seul les pêcheurs humanisent, au milieu des oiseaux qui skatent l&rsquo;isthme entre le lac et la mer, là, dans le vent sculptant les nuages, j&rsquo;avais eu le privilège d&rsquo;observer trois baleines, juste derrière l&rsquo;écran d&rsquo;écume libérée par les énormes rouleaux se fracassant sur la plage, émotion de l&rsquo;évent qui vaporise une bulle partant à la dérive avec le vent, émotion de la promesse des grands espaces vierges à venir&#8230; Une question me taraude l’esprit : serons-nous à la hauteur ? Plus loin, sans tête, le cadavre d&rsquo;un lion de mer gît sur le sable&#8230;</p>
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		<title>La Paloma</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Sep 2014 03:23:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brésil & Uruguay]]></category>
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		<description><![CDATA[Me v&#8217;là en Uruguay ! Tchao Brasil ! 7 mois pour découvrir les 1600 milles de cette côte brésilienne sud de Salvador de Bahia à Rio Grande, quasiment l&#8217;équivalent d&#8217;une transat ! Depuis quelques temps la jungle a progressivement cédée la place à un paysage plus méditerranéen, sapins et odeurs &#8230;]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Me v&rsquo;là en Uruguay ! Tchao Brasil !</p>
<p>7 mois pour découvrir les 1600 milles de cette côte brésilienne sud de Salvador de Bahia à Rio Grande, quasiment l&rsquo;équivalent d&rsquo;une transat !</p>
<p>Depuis quelques temps la jungle a progressivement cédée la place à un paysage plus méditerranéen, sapins et odeurs de pinède sont mes premières sensations uruguayennes, les autochtones plus typés européens et moins adipeux qu&rsquo;au Brésil sont doués d&rsquo;une mentalité volontiers décroissante (leur président donne le ton), le matériel et les infrastructures sont désuètes et l&rsquo;ambiance d&rsquo;une sérénité latente, je suis un peu comme à la maison avec le stress consumériste et l&rsquo;agitation vaine en moins. Il y a matière à inspiration pour la France et ses tensions sociales, son ambiance morose.</p>
<p>Retour en arrière, dimanche 7/09 6h15, le jour se lève sur le Yacht Club de Rio Grande, le paysage se colore dans les tons pastel. La nav qui m’attend est la deuxième et la dernière nav un peu longue sans abris qu’il faut faire avant de pouvoir rallier par de plus courtes étapes, de ports en ports Uruguayens, la capitale de l’Argentine et du tango, la sulfureuse Buenos Aires. La journée débute par une exfiltration du long chenal de Rio Grande (15 milles) entièrement à la voile sur un seul grand bord de près serré dans un sud mollissant avec, cette fois, la marée pour moi ; je tire au plus directe coupant les méandres du chenal, surveillant le sondeur dont j&rsquo;ai activé une alarme à 3m de fond sous mes quilles, elle se déclenche et un virement de bord s&rsquo;imposera pour un court bord de recentrage dans l&rsquo;axe du chenal et sa rassurante profondeur.</p>
<p>9h30, à la fin du chenal je mets du temps à sortir de l&rsquo;énorme cône chocolat créé par le flux que déverse le Lagoa dos Patos dans la mer verte, la délimitation des couleurs est franche, la zone marron est agitée de belles ondulations car le courant (nord) s&rsquo;oppose à la houle (sud) ce qui dégonfle mes voiles et branle le bateau alors qu&rsquo;à quelques mètres la zone verte est beaucoup plus calme ; le courant me maintient dans le cône chocolat et mon près serré me fait tangenter la délimitation, je m&rsquo;en rapproche néanmoins progressivement, une fois franchie le bateau appuyé par le vent se cale sur son bouchain et c&rsquo;est dans un sud évanescent que j&rsquo;attends la bascule de vent au nord.</p>
<p>Elle viendra plus rapidement que prévue mais bien mollassonne, je sors le spi asymétrique, 70m² de toile rouge emmenée par le vent, c&rsquo;est juste magnifique et jubilatoire, je lâche un &laquo;&nbsp;hiiiiiii&nbsp;&raquo; strident (Val comprendra <img src='http://www.intothewind.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  ) mais le manque de vent gonfle et dégonfle la voile maltraitant le tissu et ses coutures à chaque &laquo;&nbsp;clac&nbsp;&raquo; de la toile qui se retend, de plus le vent est trop cul, c’est à dire trop par l&rsquo;arrière du bateau pour que je puisse faire route directe car un spi asymétrique tolère au mieux 160° du vent, de plus un noeud de courant me contre, bref je me traine à deux noeuds sur le fond avec un spi en souffrance.</p>
<p>J&rsquo;ai malgré tout souhaité exploiter cette journée, devançant le flux de nord qui ne s&rsquo;établira que le soir, afin de gagner sur le trop court créneau météo ; en effet, je ne dispose que de 42 heures pour faire 200 milles soit une moyenne de 5,8 noeuds surface en tenant compte d’un courant contraire d’un noeud. Impossible à tenir vu la force du vent annoncée. De plus, en cas de dépassement, j&rsquo;aurais à affronter un front froid et ses 40 noeuds minimum de vent de sud le mardi à midi et durant 6 heures de temps. C’est pourquoi je suis en route le dimanche matin au levée du jour synchrone avec le jusant.</p>
<p>Compte tenu de tout ces éléments je démarre le moteur à mi régime, ce qui présente un triple avantage, tout d&rsquo;abord mon vent apparent se redresse légèrement vers l&rsquo;avant grâce à la combinaison des vecteurs du vent moteur (de face) et du vent réel (arrière) ce qui me permet de faire travailler idéalement le spi sur ma route directe à 160° du vent, de plus il collecte plus de vent ce qui le stabilise ; le tout déclenche un cercle vertueux ou le bateau gagne deux noeuds pour faire ses quatre noeuds sur le fond sans que la consommation d&rsquo;essence ne soit trop importante. Mon objectif pour cette journée sera de gagner au moins 20 milles, en plus du chenal, sur le créneau météo. Distance et temps se confondent dans l&rsquo;appréciation du timing météo.</p>
<p>Après quelques heures le vent a suffisamment forci pour se passer du moteur. Eclairé par la pleine lune, c&rsquo;est toute la nuit qui se passera sous spi car je dois avancer, le vent est pile sur ma trajectoire m&rsquo;obligeant à tirer des bords de grand largue à 160° du vent ce qui rallonge un peu ma route mais favorise ma VMG et économise le spi. Je dors par tranche d’une heure, il n&rsquo;y a pas de pécheur sur cette axe mais la côte est proche et le spi me rend vulnérable à une brusque montée du vent, l&rsquo;alarme activée pour 15 noeuds de vent apparent me préviendra si nécessaire. Je suis un peu inquiet car je prends un léger retard sur ma progression estimée, je ne tiens pas les 4,7 noeuds escomptés, néanmoins la nuit prochaine le vent fraîchira et tout devrait rentrer dans l&rsquo;ordre, Inch Allah !</p>
<p>Lundi, la journée se passe sous spi, RAS.</p>
<p>16h15, je guette le fraîchissement du vent et j&rsquo;enroule le spi avant la nuit quand les pointes de vent à 15 noeuds apparents, annoncés par l&rsquo;alarme, commencent à se faire trop fréquentes. Je gré le génois sous tangon en ciseaux de la GV puis je prends un ris dans la GV pour la nuit. La moyenne grimpe, les bruits de fluide dans la caisse de résonance du bateau aussi, le bateau surf régulièrement et le courant contraire semble faiblir, tant et si bien que l&rsquo;ETA, c’est à dire l&rsquo;estimation de l&rsquo;heure d&rsquo;arrivée calculée par le logiciel de nav oscille entre 3 et 4 heures du matin ce mardi à La Paloma ! Super, j&rsquo;ai 8 heures d&rsquo;avance sur le front froid ! Encore mieux, je vais probablement arriver en fin de flux de nord et m&rsquo;éviter un atterrissage sous les grains potentiellement violents qui précèdent la venue du front. Le vent forci et j&rsquo;enroule du génois.</p>
<p>Mardi 2h00, je suis en approche de La Paloma, le ciel et ses nuages, éclairés par la pleine lune, annoncent le changement de régime à venir et un orage claque au SO sur le continent puis déborde au large. A priori, je serais à l’abri avant que cela dégénère. Le vent a baissé et j&rsquo;ai renvoyé toute la toile, génois toujours en ciseaux.</p>
<p>4h15, alors que je remonte le court chenal, les deux permanents de veille du port sont déjà sur le quai m&rsquo;attendant pour m&rsquo;aider à m&rsquo;amarrer. Pas facile de gérer le moteur à l&rsquo;arrière tout en allant saisir la bouée à l&rsquo;avant, j&rsquo;y parvins au second essais et m&rsquo;y amarre à une distance me permettant de reculer vers le quai afin de lancer mes pointes arrières tribord et bâbord aux employés qui m&rsquo;amarrent sommairement. Je grimpe lestement sur le quai qui me surplombe moyennant un grand écart, s&rsquo;ensuit un échange cordial et une rapide visite de mon nouvel environnement.</p>
<p>Pas moyen de me reposer, les autorités défilent en me réclamant toute sorte de renseignements d&rsquo;identification et me demandant de les contacter par radio, excédé je finis à 10h par prendre mon sac et partir faire mon entrée officiel en Uruguay. Dans l&rsquo;ordre, la Dirección Nacional de Hidrografía qui gère le port, las Aduanas et enfin la Prefectura, il n’y a pas de service d’immigration ici, donc pas de tampon sur mon passeport mais je suis libre de mes mouvements sur le territoire Uruguayen ! Enfin voilà, je suis dans la place, connu des autorités, ma foi très obligeantes et sympathiques mais procédurières.</p>
<p>Pierre-Yves, le skipper (super sympa et ultra compétent) de <a href="http://www.55degressud.com/" target="_blank">Gwada</a>, un bateau alu de 15 mètres fabriqué par ses soins pour une Route du Rhum et maintenant spécialement préparé pour du charter en Patagonie, m&rsquo;accueille, puis, après avoir appris mes projets Patagoniens, fait une tête bizarre avant de me mettre en garde&#8230; Et oui le bateau est petit, terriblement vulnérable&#8230;</p>
<p>Le front froid sera au rendez-vous comme prévu par les fichiers GRIB, le vent souffle, il pleut des cordes, ça caille et l&rsquo;intérieur du bateau condense du fait de l&rsquo;humidité ambiante.</p>
<p>Demain mercredi, j&rsquo;ai 41 ans et il y aura du soleil&#8230;</p>
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